Pourquoi vend-on chaque année moins de 10.000 pompes à chaleur et plus de 200.000 chaudières ? - 18/10/2017

Le consortium InfoPompeaChaleur.be, une initiative commune de nombreux producteurs et distributeurs belges de pompes à chaleur, se pose de grandes questions sur la politique énergétique actuelle de notre pays.

Beaucoup de paroles, peu d’actes

Tant le gouvernement fédéral que le gouvernement régional et tous les ministres compétents se déclarent des partisans enthousiastes de l’énergie renouvelable. En outre, la Belgique s’est pleinement engagée au niveau européen à réduire radicalement ses rejets de CO2. Dans la pratique toutefois, on agit bien trop peu pour soutenir toutes les éventuelles applications d’énergie renouvelable.

Les pompes à chaleur (et les chauffe-eau solaires) sont fortement négligées. La croissance du marché des pompes à chaleur ne correspond dès lors pas du tout au potentiel de cette technologie en matière d’énergie renouvelable et de réduction des rejets de CO2. On vend actuellement moins de 10.000 pompes à chaleur (écologiques) par an contre plus de 200.000 chaudières au gaz et au mazout, alors que tout le monde s’accorde à dire qu’il faut mettre un terme à l’ère des combustibles fossiles. Comment expliquer cela ?

Notre électricité coûte trop cher par rapport aux combustibles fossiles

Le trop grand fossé financier entre l’électricité et les combustibles fossiles constitue un grand problème en Belgique. En effet, tous les types de pompes à chaleur ont besoin d’électricité pour pouvoir fonctionner.

Depuis la relance de nos centrales nucléaires, nous produisons en Belgique de l’électricité à environ 5 centimes/kWh. Ces centrales sont déjà totalement amorties et l’électricité qu’elles produisent est aujourd’hui la moins chère de toute l’Europe. Or, cette même électricité est revendue aux utilisateurs particuliers à environ 30 centimes/kWh, soit le tarif le plus cher de toute l’Europe ! Ce tarif élevé est la conséquence des différentes taxes qui frappent le prix de l’électricité pour financer la transition vers l’énergie renouvelable. Le secteur fossile y échappe, alors que ce sont précisément ses rejets de CO2 qui contribuent au réchauffement climatique.

En outre, on n’opère aucune distinction entre les différentes applications pour lesquelles nous utilisons de l’électricité. La personne qui chauffe sa maison avec une pompe à chaleur écologique paie l’électricité dont elle a besoin à cet effet au même tarif que celle qui chauffe sa maison électriquement. Ce serait pourtant beaucoup plus logique d’utiliser un autre tarif d’électricité pour les personnes qui investissent dans un chauffage écologique. Ce principe est déjà appliqué aux voitures électriques, ce devrait donc également être possible pour les pompes à chaleur.

Une pompe à chaleur peut, par ailleurs, être combinée à des panneaux solaires (photovoltaïques ou thermiques), augmentant ainsi encore la part de chaleur verte et d’énergie renouvelable.

Le calcul PEB actuel discrimine les pompes à chaleur

Lors du changement du calcul du PEB des bâtiments (Performance énergétique et climat intérieur) en mars 2017, les panneaux photovoltaïques ont été considérablement privilégiés. Ils intervenaient beaucoup plus que les pompes à chaleur pour atteindre un meilleure niveau E. Cela a rendu les pompes à chaleur moins attrayantes. Les gouvernementsont entre-temps compris que toute forme d’énergie renouvelable est équivalente. Raison pour laquelle le mode de calcul sera adapté au 1er janvier 2018, afin que la valeur des pompes à chaleur  soit estimée correctement et qu’ils gagnent en importance dans le calcul du niveau E.

Il est toutefois regrettable que le calcul PEB se base toujours sur une efficacité énergétique primaire de 2,5 pour l’électricité (l’énergie primaire représente l’énergie nécessaire à la source pour couvrir la consommation énergétique finale). Pourtant, la Commission européenne a décidé en 2016 de baisser ce chiffre à 2, étant donné que la production d’électricité est déjà devenue plus écologique. Si notr pays suivait cette directive européenne, les pompes à chaleur obtiendraient un score nettement meilleur dans le calcul PEB.

L’énergie renouvelable doit vraiment être stimulée

InfoPompeaChaleur.be souhaiterait que le gouvernement mise pleinement sur l’énergie renouvelable et la stimule via toutes sortes de mesures positives. Citons comme exemples concrets une implémentation plus rapide des directives européennes, des primes basées sur la réduction de CO2 (en cas de nouvelle construction et de rénovation), des prix d’électricité plus bas (ou un tarif spécifique pour les pompes à chaleur) et une quote-part minimum obligatoire d’énergie renouvelable en cas de rénovation.

Plutôt que de remplir les caisses de l’Etat avec des revenus directement liés à tout ce qui est renouvelable, nous devons résolument croire dans les possibilités de l’énergie renouvelable. La vente et l’installation des produits de ce secteur hautement technologique génèreront à court et à moyen terme des revenus et opportunités de travail. Et ces revenus rapporteront bien plus au gouvernement via les impôts et la TVA que ce n’est le cas aujourd’hui. Une simple diminution du fossé entre le prix de l’électricité et celui des combustibles fossiles à un niveau acceptable augmenterait, déjà, la vente des pompes à chaleur. Cela créerait permettrais que tout le monde soit gagnant. Les pompes à chaleur peuvent faire baisser les rejets de CO2 belges des bâtiments résidentiels et permettre l’obtention des objectifs européens en matière de CO2. Les bâtisseurs et rénovateurs disposent, eux, d’une solution abordable pour leur consommation d’énergie actuelle et future. Bref, une situation win-win.

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